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vendredi 7 septembre 2018

Antigone - Jean Anouilh


Titre : Antigone
Auteur : Jean Anouilh
Edition : La Table Ronde
Nombre de pages : 123

Fille d'Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d'enterrer le corps de son frère Polynice.

Antigone est forte, têtue, débrouillarde, secrète et très touchante. Hémon, amoureux d'Antigone, est un homme sensible qui a des rêves simples et qui est ouvert d'esprit. Créon, oncle d'Antigone, père d'Hémon et roi est un homme torturé et torturant. Ismène, sœur d'Antigone, est une femme magnifique mais fragile, elle essaye de protéger tant bien que mal ceux qui l'entourent. Les 3 gardes ajoutent une touche d'humour à la pièce.

Les protagonistes me rappellent énormément les personnages du quatrième mur et ce fut un plaisir de les retrouver. Le sujet est bouleversant, le fait de vouloir à tout prix et contre tout protéger les morts je trouve ça génial, courageux et héroïque, on se retrouve tous dans ce comportement. La pièce est très courte donc c'est lu rapidement et c'est génial lorsque l'on n'a pas énormément de temps. De plus, cette merveilleuse pièce est très poétique je trouve, il y a beaucoup de phrases que l'on a envie de retenir. La forme est super originale puisque ce n'est pas découpé en scènes, c'est tout d'un seul bloc. Et quel bonheur ce fut de retrouver le chœur ! J'adore ce procédé que j'ai découvert dans Œdipe roi. En résumé, les personnages sont géniaux, le style est très poétique, le sujet est magnifique, la forme est originale et c'est très facile à lire, même lorsque l'on n'est pas très théâtre on ne peut que l'aimer !  

"Et puis, surtout, c'est reposant, la tragédie, parce qu'on sait qu'il n'y a plus d'espoir, le sale espoir ; qu'on est pris, qu'on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu'on n'a plus qu'à crier, - pas à gémir, non, pas à se plaindre, - à gueuler à pleine voix ce qu'on avait à dire, qu'on n'avait jamais dit et qu'on ne savait même pas encore."

vendredi 1 juin 2018

Œdipe roi - Sophocle


Titre : Œdipe roi
Auteur : Sophocle
Edition : Folio plus classiques
Nombre de pages : 239 (64 pages de texte intégral)

Œdipe accomplit à son insu l'acte criminel prédit par l'oracle. Averti à Delphes qu'il tuerait son père et épouserait sa mère, il fuit les lieux de son enfance, espérant ainsi préserver Polype et Mérope, ses parents présumés.

Œdipe est têtu mais sincère, c'est un personnage maudit. Cette pièce ne dure vraiment pas longtemps, je ne peux donc pas m'étendre longuement sur les personnages.

Œdipe roi est une pièce très courte mais super intéressante. Je l'imagine très bien jouée dans un célèbre théâtre romain. J'aimerais beaucoup voir une mise en scène du texte original, cela doit être vraiment magnifique avec les chœurs, c'est la première fois que je ressens ce besoin de voir et d'entendre ces magnifiques mots prononcés. Bien sûr je connaissais déjà cette célèbre légende (que je ne peux vous révéler pour ne pas vous spoiler) mais lire le texte original m'a éclairci les choses, en effet on m'avait dit des informations qui ne sont pas dans la vraie version de Sophocle, au moins là je suis tranquille je connais la source. Je pense qu'à l'avenir je vais plus lire les ouvrages d'origine des mythes pour que tout soit clair dans mon esprit. C'est vrai que le mythe d'Œdipe peut-être choquant au premier abord, mais après l'avoir étudié mainte et mainte fois je ne suis plus choqué de rien en ce qui concerne l'antiquité. J'ai vraiment trouvé intéressant de lire du théâtre antique, on se concentre toujours sur celui du 17è siècle mais celui antique à vraiment lui aussi son charme et c'est profitable de voir les différences entre les deux. Je suis heureuse d'avoir lu ce monument du théâtre antique, en ce moment je lis beaucoup de pièces et c'est quand même assez agréable de me rapprocher de ce genre avec lequel j'ai eu tant de mal à cause notamment de Molière.

"Ah ! croyez-moi, n'ayez pas peur : mes maux à moi, il n'est point d'autre mortel qui soit fait pour les porter."

vendredi 18 mai 2018

Bérénice - Racine


Titre : Bérénice
Auteur : Racine
Edition : Classico lycée
Nombre de pages : 113

Rome, 79 après J.-C. Pour ne pas bafouer la loi romaine qui lui interdit d’épouser une reine étrangère, Titus doit renoncer à Bérénice, reine d’Orient dont il est éperdument amoureux. Dans cette tragédie, point de fureur, ni de sang. Mais le sort des amants est cruel : contraints de se séparer, chacun d’eux est condamné à vivre seul, loin de l’être aimé. En chantant les amours sacrifiées de Titus et Bérénice, Racine donne à cette histoire tragique une dimension mythique.

Bérénice, reine de Judée et amoureuse de Titus, n'a pas été représentée comme une femme forte alors qu'elle est reine, je trouve cela un peu décevant, elle est plus à la merci de son bien-aimé, je trouve ça dommage. Titus, roi de l'empire romain, est tiraillé entre sa patrie et son âme sœur, il retourne tout le temps sa veste, c'est un peu pénible. Antiochus, amoureux de Bérénice et ami de Titus, est à la merci de sa dulcinée, il se lamente sans cesse, c'est le personnage tragique et élégiaque par excellence, il me touche beaucoup.

Il est vrai que je ne suis pas particulièrement friande de théâtre classique mais j'ai vraiment apprécié la pièce de Racine. J'adore les tragédies, que ça se finisse mal, que les personnages soient torturés. Je préfère mille fois cela à Molière, dont je trouve les œuvres inintéressantes et pénibles à lire ! De plus, c'est rapide à lire et il y a peu de personnages donc aucun risque de se perdre. J'aime le fait que Racine ait créé cette pièce sur une simple phrase de Suétone : "Titus renvoya Bérénice, malgré lui, malgré elle." Bien sûr l'amour est au cœur de la pièce, ce que je n'affectionne pas beaucoup, mais maintenant au théâtre je suis résignée et je commence à m'y faire et même à apprécier cela. En résumé, "Bérénice" se lit vite, l'intrigue est intéressante, la morale est géniale et la fin est superbe.

"Qu'ai-je donc fait, grands dieux ? Quel cours infortuné
À ma funeste vie aviez-vous destiné ?
Tous mes moments ne sont qu'un éternel passage
De la crainte à l'espoir, de l'espoir à la rage."

vendredi 11 mai 2018

Incendies (le sang des promesses) - Wajdi Mouawad


Titre : Incendies (Le sang des promesses)
Auteur : Wajdi Mouawad
Edition : Babel
Nombre de pages : 132

Lorsque le notaire Lebel fait aux jumeaux Jeanne et Simon Marwan la lecture du testament de leur mère Nawal, il réveille en eux l'incertaine histoire de leur naissance : qui donc fut leur père, et par quelle odyssée ont-ils vu le jour loin du pays d'origine de leur mère ? En remettant à chacun une enveloppe, destinées l'une à ce père qu'ils croyaient mort et l'autre à leur frère dont ils ignoraient l'existence, il fait bouger les continents de leur douleur : dans le livre des heures de cette famille, des drames insoupçonnés les attendent, qui portent les couleurs de l'irréparable. Mais le prix à payer pour que s'apaise l'âme tourmentée de Nawal risque de dévorer les destins de Jeanne et de Simon.

Jeanne, fille de Nawal et sœur jumelle de Simon, est douce, timide, indulgente et elle veut lever le secret de sa mère. Simon, fils de Nawal et frère jumeau de Jeanne, est têtu, vulgaire, rancunié et un peu mauvais bougre. Les jumeaux sont donc totalement opposés. Nawal, mère de Jeanne et Simon, est déterminée, c'est une femme forte, je me reconnais assez en elle dans ses réactions, le fait qu'elle se mure dans le silence, qu'elle retienne des phrases importantes pour elle. Sawda, une amie de Nawal, lutte contre la violence intérieure qui l'anime, je comprends totalement son raisonnement et son point de vue.

J'ai lu ce livre dans le cadre de mon cours de français. Lorsque le professeur nous a présenté cet ouvrage et qu'il a précisé que c'était une pièce de théâtre, j'ai eu peur. En effet, je pensais ne pas aimer lire du théâtre ayant parcouru de nombreux livres de Molière durant ma scolarité qui m'ont toujours profondément ennuyé et que je n'ai jamais beaucoup apprécié. Mais cette fois-ci, ce fut différent. "Incendies" est une pièce contemporaine et elle est merveilleusement bien écrite. Elle est aussi totalement indépendante de la saga "Le sang des promesses", ce que je trouve génial. Les personnages sont tous très différents et ont un caractère singulier, le seul petit bémol est surement l'opposition trop facile des protagonistes. Il règne vraiment une atmosphère particulière, l'histoire vous retourne, ça se lit vite ; je l'ai lu d'une seule traite tellement je ne pouvais m'arracher des pages. De plus on découvre un nouvel univers puisqu'il traite de la guerre du Liban et de ses massacres. J'avais déjà lu un livre sur ce sujet ("Le quatrième mur" de Sorj Chalandon) et si dans ce dernier nous avions une vision occidentale de la guerre et bien cette fois nous avons le point de vue des Libanais eux-mêmes et c'était très intéressant ! La mise en page est insolite, il y a des flashbacks et parfois, dans certaines scènes, il y a deux histoires différentes en même temps, il faut suivre mais c'est terriblement original et agréable, ça donne beaucoup de rythme à la pièce. Ce livre est aussi atypique par son histoire : en effet alors que le schéma classique des dramaturges et de d'abord écrire le scénario puis de trouver les comédiens en fonction de celui-ci, Mouawad, lui, a d'abord eu les comédiens et il a écrit le texte pour eux et avec eux selon leurs envies. C'est un livre riche tant par sa trame, que par ses personnages, que par sa forme et que par son histoire. Je ne comprends vraiment pas pourquoi durant notre cursus scolaire on ne nous fait pas lire plus de théâtre contemporain alors qu'on nous fait étudier à longueur de temps du Molière ! C'est dommage car on peut penser ne pas aimer lire du théâtre et passer toute notre vie à côté de textes qui auraient pu nous toucher en plein cœur.

"Apprends à lire, à écrire, à compter, à parler : apprends à penser.

vendredi 22 décembre 2017

Le Bourgeois gentilhomme - Molière

Titre : Le Bourgeois gentilhomme
Auteur : Molière
Edition : Classico collège
Nombre de pages : 214 (La pièce de théâtre prend 133 pages)

Monsieur Jourdain n'a qu'un rêve : devenir gentilhomme. Pour y parvenir, ce riche bourgeois prend des leçons d'escrime et de philosophie, courtise une marquise et veut marier sa fille au fils du Grand Turc ! Quiproquos, danses et déguisements rythment cette comédie-ballet savoureuse dans laquelle Molière dénonce la vanité de la société de son temps.

Monsieur Jourdain, un bourgeois qui veut devenir noble, est quelqu'un de vraiment ridicule qui ne s'attache qu'au rang des gens, il n'assume pas lorsqu'il se trompe, n'a aucun respect pour les personnes qui l'entoure (sauf si elles sont nobles), je l'ai détesté. Madame Jourdain, sa femme, voyait toujours juste dans les attentions des personnes (d'ailleurs je commence à trouver cela lassant chez Molière que ce ne soit que les femmes qui percent à jour chaque personnage), est assez capricieuse, jalouse et colérique. Lucile, sa fille, est quelqu'un que j'ai bien aimé par sa détermination et son esprit de rébellion, malheureusement je ne l'ai pas assez vu à mon goût. J'ai apprécié Cléonte, amant de Lucile, et notamment voir l'amour qu'il lui portait, néanmoins je les ai trouvés tous deux trop susceptibles et avec un tempérament à tous dramatiser.

Mon opinion sur Molière et sur ses livres était un peu remontée avec Tartuffe (son article ici), mais là elle vient de complètement redescendre ! J'ai trouvé l'histoire vraiment très longue à démarrer, la principale intrigue selon moi ne commencer que vers la fin et a été vite expédié, l'intrigue concernant Monsieur Jourdain est totalement futile. D'ailleurs, j'ai l'impression que ce livre n'est pas fini, c'est comme si on s'arrêtait en plein milieu d'une phrase. J'ai trouvé le langage difficile à comprendre ainsi que l'intrigue.

"Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela."

vendredi 1 décembre 2017

Le Tartuffe - Molière

Titre : Le Tartuffe
Auteur : Molière
Edition : Carrés classiques
Nombre de pages : 204 (La pièce de théâtre prend 116 pages)

Une ombre noire, drapée dans le manteau de la dévotion, un chef de famille sans influence, une maison bourgeoise où ne règnent plus que discordes... Saura-t-on déjouer les inquiétantes manœuvres de l'imposteur et rendre sa raison à un père aveuglé ?

Orgon, est un noble influençable, il a fait des erreurs et culpabilise mais c'est aussi quelqu'un de dévoué. Elmire, sa femme, est quelqu'un de très intelligente, elle fait les bons choix quand il le faut et elle sait manier les mots. Marianne, la fille d'Orgon, prend beaucoup de choses au pied de la lettre et est assez pleurnicheuse. Dorine est mon personnage préféré, la servante de Marianne règle tous les conflits, est à l'écoute, monte des stratagèmes afin de régler les différents problèmes, motive les gens, est pleine d'humour et est optimiste. Damis, le fils d'Orgon, est victime de la manipulation de son père, a toujours tenté de faire éclater la vérité et n'est pas rancunier. Madame Pernelle, la mère d'Orgon, m'a semblé être une vieille femme hautaine, maniable et cassante par ses mots. Tartuffe enfin, est quelqu'un de manipulateur, mauvais, méchant, avare d'argent, très bon acteur et très intelligent.

Je n'apprécie pas beaucoup les livres de Molière de base donc je ne m'attendais pas à beaucoup. Mais je fus tout de même surprise, il se lit vite (2 heures environ) et l'intrigue est facile à comprendre. En effet, même si le langage de Molière et cette écriture en vers peut paraître difficile à comprendre, vous saisirez toujours l'idée générale de la scène. Je pense que c'est un livre accessible et que l'on peut le lire au collège comme au lycée. Il y a bien sûr des plans et des mises en scène à la Molière qui sont très comiques ! J'ai même ressenti quelques émotions en lisant ce livre : de la tristesse, de la colère et j'avais envie d'hurler sur certains personnages de se réveiller. J'ai apprécié comment Molière a représenté le caractère des différentes femmes (intelligente, rusé, déterminé). Il y a eu un petit côté psychologique inattendu que j'ai pas mal apprécié !! On m'avait prévenu que cet ouvrage serait un peu olé olé, mais je m'attendais à plus de sous-entendu sexuel que ça et finalement ne fus pas choqué.

"Ah ! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme"